Comment l'organisme survit-il à 11 grammes d'alcool dans le sang ?

Un homme a été hospitalisé vendredi avec un taux d'alcoolémie de 11 g/l de sang. Or la dose létale théorique d'alcool est de 5 g/l. Un cas exceptionnel qui résulte d'un phénomène d'adaptation de l'organisme, explique le docteur Alain Morel, spécialiste en addictologie.

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Petit rappel : le taux d'alcool dans le sang autorisé pour conduire en France est de 0,5 g/l.

Le conducteur de l'Ain avait donc 20 fois la dose autorisée... Mais ce n'est pas tout : la dose mortelle théorique d'alcool dans le sang est de 5 g/l. Ce qui signifie que le quadragénaire avignonnais et son pendant de l'Ain devraient théoriquement être mort... Deux fois. Sauf que non ! Ce qui s'apparente à un miracle.

D'où une question : comment ces gens font pour survivre avec une telle dose d'alcool dans le sang ?

Le docteur Alain Morel, secrétaire général de la fédération française d'addictologie explique ce phénomène, suffisamment rare pour être relevé, par un effet d'accoutumance : "Au fur et à mesure de la consommation, le seuil de tolérance de l'organisme augmente."

Pourquoi ?

"Tout simplement parce que la substance elle-même provoque l'adaptation de l'organisme. En somme, ce dernier confronté à des prises importantes et régulières d'alcool va rehausser sa tolérance pour supporter l'intoxication." D'ailleurs, comme l'explique ce spécialiste en addictologie, cet effet de hausse du seuil d'acceptation de substance toxique existe avec d'autres drogues : "Il y a des gens capables de consommer 2 g d'héroïne par jour. Pour une personne normale, pas habituée à en prendre, avec une dose 10 fois moins forte, c'est les urgences assurées", assure-t-il.

Tolérance variable

Alors, avons-nous tous des organismes potentiellement capables de supporter des doses astronomiques d'alcool ou de drogues lorsqu'ils sont "entraînés", Non, précise Alain Morel : "Il y a quand même des facteurs individuels. Si cet homme a pu survivre avec 11 g/l d'alcool dans le sang, c'est que son organisme, et son foie notamment, avait des prédispositions pour synthétiser les toxines".

En clair, tout dépend du métabolisme de chacun. Et, tout comme le seuil d'enivrement, la tolérance est tout aussi variable d'une personne à l'autre. C'est d'ailleurs une raison qui explique le caractère exceptionnel de ces alcoolémies record.

"La majorité des gens tomberaient dans le coma éthylique largement avant d'atteindre ces sommets", assure Alain Morel.

Petit rappel pour éviter la zone rouge : l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconise, en matière de consommation d'alcool, trois verres par jour pour les hommes, deux pour les femmes.

Sources: TF1 News

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