"Il y a peu de gens normaux sexuellement"

Alain de Botton vient de publier le livre "How To Think More About Sex", un titre qui interpelle vu l'obsession de notre société pour le sexe. Comment pourrait-on y penser encore plus? "Nous n'y pensons pas trop", précise l'auteur sur le Huffington Post. "En fait, nous y pensons mal."

 test-sexuality

Le Britannique explique qu'il a décidé de se pencher sur le sujet parce que tout le monde s'est déjà senti à un moment donné de sa vie un peu "anormal" par rapport au sexe.

"Même si c'est l'activité la plus privée, le sexe est entouré d'idées à propos de ce que les gens "normaux" devraient ressentir ou faire."

En réalité, "il y a peu de gens normaux sexuellement".

"Nous sommes presque tous hantés par la culpabilité et des névroses, par des phobies et des désirs perturbateurs, par l'indifférence et le dégoût". "Nous sommes universalement déviants", assure l'écrivain. "Mais seulement par rapport à des idéaux très déformés de la normalité."

Selon Alain de Botton, il est temps d'accepter "la bizarrerie du sexe avec humour et courage".

Ce n'est pas évident, surtout à l'époque où on vit.

"Le malaise qu'on peut ressentir vis-à-vis du sexe est aggravé par l'idée que l'on appartient à une époque libérée, et que l'on devrait penser que le sexe est un sujet simple et pas du tout troublant." Mais le sexe n'est pas simple. Pas autant qu'on voudrait qu'il le soit. "Le sexe a la tendance récurrente de semer le chaos dans nos vies."

L'auteur rectifie enfin un mythe moderne:

"C'est très rare de beaucoup faire l'amour. Très peu de gens le font."

Pourquoi? Il y a des bonnes et des mauvaises raisons.

Voici la pire: "On ne fait pas l'amour parce que notre partenaire est fâché, ou bien on l'est."

Or, la colère peut survenir rapidement et de nulle part et souvent nous ne parvenons pas à l'exprimer clairement. Alain de Botton pointe aussi du doigt l'environnement constant de nos vies quotidiennes, qui n'invite pas à l'imprévu et à la spontanéité.